Andrew Byers sur l’expression “un seul corps” (1 Co 12-14)

03/28/2020
Andrew Byers a fait son doctorat sur l’ecclésiologie johannique (2014) et enseigne à Durham University, en Angleterre. Il blogue et est l’auteur de trois livres, le plus récent étant la publication de sa thèse de doctorat, Ecclesiology and Theosis in the Gospel of John (2017).

L’image de la communauté comme un corps composé de différentes parties, que l’on retrouve ici et là dans les lettres de Paul, est souvent associé à la rhétorique impériale romaine par les théologiens. “Pas si vite!”, dit Andrew Byers. Dans son article intitulé « The One Body of the Shema in 1 Corinthians: An Ecclesiology of Christological Monotheism », Andrew Byers1Byers, Andrew, « The One Body of the Shema in 1 Corinthians: An Ecclesiology of Christological Monotheism », New Testament Studies, 62 (2016), p. 517-532. démontre que, via l’emploi de l’expression “un seul corps” en 1 Co 12-14, Paul fait une application pneumatologique et ecclésiologique du Shema christologique (1 Co 8,6, cf. Dt 6,4) et que cet arrière-plan monothéiste est aussi important que l’imagerie impériale, sinon plus, pour l’interprétation de 1 Co 12 :

The Shema’s language of oneness extends not just Christologically as in 8.6 and pneumatologically as in 12.4-11, but also ecclesiologically in 12.12-13. The majority of interpreters, relying almost entirely on the genre of Greco-Roman socio-political discourse to understand Paul’s body metaphor, miss a profound ecclesial application of the Shema (p. 531-532).

Ce texte met en lumière la dimension pratique du langage monothéiste. Le langage monothéiste est à la base de l’identité du peuple : il fonde leur unité à l’interne et établit des marqueurs socio-culturelles qui fondent leur distinction vis-à-vis d’autres peuples à l’externe :

…the idea of group unity for Paul was grounded in the Shema’s related but more elemental social function, that of establishing and enforcing boundary demarcation lines that preserved the uniqueness of the people of the one and only Deity. (…) To express this dual sense of internal unity and external communal distinctiveness, the term ‘one’ from the Shema could take on associative properties by which a thing, place, a time or the Jewish people could be correlated with the ‘one’ God (p. 520).

Byers offre plusieurs exemples de ce que Gerald Janzen a appelé « la redistribution des termes du Shema » comme Jé 32,37-41, Flavius Josèphe (Contre Apion 2,193, Antiquités juives 4,200-201), Philon d’Alexandrie (On the Creation 171-172, On the Special Laws 1,67, 1,52-53, 4,159, On the Virtues 34-35), Baruch 48,24, Malachie 2,14-15, Zacharie 14,7-9 (p. 520-524). 

Références   [ + ]

1. Byers, Andrew, « The One Body of the Shema in 1 Corinthians: An Ecclesiology of Christological Monotheism », New Testament Studies, 62 (2016), p. 517-532.

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