Freud et la religion : une théorie sans fondement

09/28/2014

La théorie de Freud sur la religion

Selon Sigmund Freud, la croyance en Dieu tire son origine du besoin de sécurité de l’être humain :
Les idées religieuses sont nées du même besoin qui est derrière tous les accomplissements de la civilisation : de la nécessité de se défendre contre la force destructrice et supérieure de la nature1cité par Paul C. Vitz. 2013. Faith of the fatherless: the psychology of atheism. San Francisco: Ignatius Press, p.6.
C’est la théorie de la projection appliquée à la religion. Selon lui, c’est pour cette raison que les croyances religieuses sont des :
illusions, accomplissements des plus vieux, plus forts et plus urgents souhaits de l’humanité… Comme nous le savons déjà, la terrible impression d’impuissance durant l’enfance suscite le besoin de protection – protection par l’amour – qui était rencontré par le père. Ainsi, la règle bienveillante d’une Providence divine apaisait notre peur des dangers de la vie2Ibid, p.7.

Un point de vue personnel infondé

Paul C. Vitz, dans son livre “Faith of the Fatherless”, démontre que le point de vue de Freud n’est pas corroboré par des cas cliniques. Ce n’est pas l’observation répétée de sujets religieux qui a mené Freud à cette conclusion. C’est plutôt l’opinion qu’il est venu à avoir sur la religion en interprétant celle-ci à la lumière de sa théorie psychanalytique. En fait, non seulement le point de vue de Freud ne repose sur aucune analyse systématique de personnes religieuses, mais Vitz démontre que Freud a principalement repris les idées de Feuerbach, un de ses auteurs préférés. Or, voici ce que soutenait Feuerbach concernant l’origine des croyances religieuses :
  • “Ce qui manque aux êtres humains – que cela soit articulé de sorte que ça soit conscient, ou que cela soit un besoin inconscient – devient leur Dieu.”
  • “L’homme projette sa nature dans le monde à l’extérieur de lui avant de le trouver en lui-même. Vivre dans des images de rêve projetées est l’essence de la religion.”
  • “La religion sacrifie la réalité pour des rêves projetées3Feuerbach, 1957, Essence of Christianity, p.33, 11, 49.”
D’ailleurs, Sigmund lui-même admettait que sa théorie de la projection constituait son point de vue personnel et ne faisait pas partie de ces analyses psychanalytiques :
Soyons clairs sur le point que ces affirmations exprimées dans mon livre [L’avenir d’une illusion] ne font pas partie de la théorie analytique. C’est mon point de vue personnel4Psychoanalysis and Faith : The letters of Sigmund Freud and Oskar Pfister, 1963, p.117.
“Bref, la théorie de la projection de Freud est une interprétation de la religion qui n’a pas de fondement n’étant pas supportée ni par la théorie psychanalytique ni par des observations cliniques5Vitz, 2013, p.10.”

Cliquez ici pour lire “Psychologie de l’athéisme

Références   [ + ]

1. cité par Paul C. Vitz. 2013. Faith of the fatherless: the psychology of atheism. San Francisco: Ignatius Press, p.6
2. Ibid, p.7
3. Feuerbach, 1957, Essence of Christianity, p.33, 11, 49
4. Psychoanalysis and Faith : The letters of Sigmund Freud and Oskar Pfister, 1963, p.117
5. Vitz, 2013, p.10

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