Croire encore au retour de Jésus après 2000 ans?

05/25/2014

Est-il possible encore de croire au retour de Jésus après presque 2000 ans d’attente? Les chrétiens se sont-ils trompés en parlant du retour de Jésus? N’est-il pas plus raisonnable de croire que le monde tel qu’on le connait présentement poursuivra son cours probablement encore des millénaires, jusqu’à ce qu’un cataclysme planétaire arrive? Faut-il encore comprendre le retour de Jésus littéralement comme on le présente en Actes 1:9-11 :

9 Après avoir dit cela, Jésus fut élevé pendant qu’ils le regardaient et une nuée le déroba à leurs yeux. 10 Et comme ils avaient les regards fixés vers le ciel pendant qu’il s’en allait, voici que deux hommes en vêtements blancs se présentèrent à eux et dirent : 11 “Vous Galiléens, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel ? Ce Jésus, qui a été enlevé au ciel du milieu de vous, reviendra de la même manière dont vous l’avez vu aller au ciel.”

Dans cet article, je propose de passer en revue les arguments offerts par l’apôtre Pierre (2 Pierre 3:1-15) pour justifier le “retard” de cette espérance chrétienne et pour convaincre que le retour de Jésus est toujours un événement à venir.

Annonce attestée par les apôtres et les prophètes ainsi que le Père, le Fils et le S-E

Pierre commence par rappeler que la doctrine du retour du Seigneur trouve son fondement dans les écrits prophétiques de l’Ancien Testament ainsi que dans les paroles de Jésus lui-même telles que les apôtres les ont transmises (v.2). Or, il est lui-même un apôtre, un témoin oculaire des faits et gestes de Jésus. Il a lui-même entendu le Seigneur prédire son retour. C’est ce qu’il affirme avec insistance au chapitre 1:16 de la même épître : « Ce n’est pas, en effet, en suivant des fables habilement conçues, que nous vous avons fait connaître la puissance et l’avènement de notre Seigneur Jésus Christ, mais c’est comme ayant vu sa majesté de nos propres yeux. » Dans les deux versets subséquents, Pierre parle d’un événement clé qu’il lui a été donné de voir : lorsque le Père attesta l’identité de Jésus en parlant du haut du ciel lors de la transfiguration (v.17-18). Pierre semble donc aussi affirmer que la doctrine du retour de Jésus ne repose pas seulement sur sa parole en tant qu’apôtre, ni sur celle de Jésus, mais aussi sur celle de Dieu le Père qui a validé l’identité de Jésus. Dans les v.19-21, toujours au ch.1 de la même épître, Pierre exhorte aussi à prendre au sérieux les écrits prophétiques et cela concernant la même question, c’est-à-dire, le jour de son retour. Or, ici il rappelle également que ces écrivains n’ont pas écrit strictement d’eux-mêmes sur Dieu, mais qu’ils l’ont fait sous l’inspiration du Saint-Esprit. Il est donc très intéressant de remarquer que Pierre affirme que la doctrine du retour du Seigneur est fondée dans les paroles de Jésus lui-même, qu’elle est confirmée par le Père et prédite par le Saint-Esprit dans écrits prophétiques. C’est donc toute la Trinité qui l’atteste! Rejeter cette doctrine, c’est donc rejeter les Écritures, la Bible, la Parole de Dieu. C’est rejeter le témoignage des apôtres et des prophètes. Et pire… C’est rejeter le témoignage du Père, du Fils et du Saint-Esprit!

(Notons comme piste possible d’approfondissement, qu’il serait intéressant de cerner les passages prophétiques de l’Ancien Testament qui pointent vers le retour de Jésus selon Pierre. À ce titre, Daniel 7:13-14, que Jésus a cité lors de son procès devant le Sanhédrin, semble avoir des affinités au niveau du vocabulaire avec ce passage de 2 Pierre… majesté/royauté, gloire/honneur, reçu/donner, etc.)

Connaître les vérités divines demande une certaine disposition d’esprit

Deuxième point : parmi les personnes qui remettent en question le retour de Jésus se trouvent des moqueurs qui, en fait, désirent surtout justifier l’assouvissement de leurs convoitises (v.3). S’il n’y a pas de chat qui revient, les souris peuvent danser autant qu’elles le veulent. Ce point illustre bien le rapport entre le coeur et la raison. Le coeur se branche pour quelque chose, puis la raison suit et se met à son service. Blaise Pascal l’a si bien dit : « Combien un avocat bien payé par avance trouve-t-il plus juste sa cause? Plaisante raison qu’un vent manie a tout sens! » (Philippe Sellier, 2009, p.95) W. Jay Wood résume bien le tout dans son livre sur l’épistémologie : « Les grands penseurs chrétiens tels qu’Augustin, Thomas d’Aquin, Blaise Pascal, Jonathan Edwards, John Henry Newman et d’autres ont insisté, contrairement aux prédicateurs de la raison pure, que nous venons à la connaissance de Dieu et des autres vérités spirituelles seulement si nos affections sont correctement ordonnées. » (W. Jay Wood, 1998, p.190) La question à laquelle cela nous mène est celle-ci : quelles sont les raisons profondes qui t’incitent à remettre en question cette doctrine? Ou, plutôt : Quelle est ta disposition d’esprit à l’idée que Jésus revienne?

Faut-il comprendre autrement le retour de Jésus?

Une parenthèse concernant la conceptualisation : est-il possible que le retour de Jésus soit d’ordre symbolique/spirituelle et non littéral/physique? Le v.4 semble démontrer que pour Pierre, on ne peut pas comprendre le retour de Jésus de façon symbolique ou spirituelle. En effet, il construit son apologétique à partir du fait que certains se posent la question « Où est l’accomplissement de sa promesse? » Il prend cette question à la lettre. Autrement dit, à la vue du commun des mortels, cela n’est pas encore réalisé sinon cela serait manifeste pour tous. Il ne remet pas en question cette prémisse. Si cet accomplissement était d’ordre spirituel, il aurait dit quelque chose du genre « Le royaume de Dieu ne vient pas de manière à frapper les regards. » (Luc 17:20) De plus, il comparera plus loin l’avénement du Seigneur a des interventions divines qui ont lieu concrètement dans l’histoire du salut…

L’action de Dieu non limitée par l’expérience de chaque individu

Retournons à l’argumentation. En 2 Pierre 3:4, les mêmes sceptiques affirment que le monde suit son cours depuis le tout début de la création sans intervention de Dieu. C’est un argument encore d’actualité qu’on appelle aujourd’hui l’analogie de la foi ou l’analogie de l’histoire. Essentiellement, cet argument affirme que Dieu agit de la même façon aujourd’hui et dans notre contexte qu’autrefois et ailleurs. Puisque nous ne voyons pas de miracle ou d’intervention divine de nos jours, alors cela nous justifie d’affirmer qu’il n’y en avait pas plus avant ou ailleurs.

Un contexte aux interventions divines : l’histoire du salut

Que fait Pierre en réponse à cela? Il rappelle l’histoire du salut en commençant par la création du monde, le premier miracle de Dieu (v.5). Ensuite, il fait référence au déluge de Noé, autre intervention divine extraordinaire d’envergure cosmique (v.6). Cette fois, cet intervention divine ressemble au jugement que le retour du Seigneur concrétisera puisque dans les deux cas, il est question de rétribution des pécheurs et salut pour les croyants. Continuant cette ligne de l’histoire du salut, Pierre affirme au v.7 qu’au même titre que la terre a passé par le jugement au moyen de l’eau, elle passera par le jugement au moyen du feu. Ici, il est important de s’apercevoir que cet argument fait écho à quelque chose de similaire et présent au chapitre précédent. En 2:5, il faisait référence au double volet “jugement/salut” en pointant vers l’histoire de Noé et en 2:6-8, il fit la même chose, mais en se servant comme point d’appuie l’histoire où Loth fut épargné de la destruction de la ville de Sodome et Gomorrhe. En 3:7, la destruction par le feu est future et elle est appliquée aux cieux et à la terre, mais juste avant, le même moyen de jugement pointait vers le passé à plus petit échelle. Ici, il est encore important de s’apercevoir que le double argument “Noé/Loth” se trouve ailleurs dans le Nouveau Testament : dans l’évangile de Luc (17:26-30) et de Matthieu (24:37-39, cependant Matthieu ne parle pas de Loth, mais de Noé seulement). Le fait que Luc et Matthieu est en commun ces paroles démontrent qu’elles faisaient parties de l’ancienne source Q. Pour revenir à nos moutons, Pierre sous-tends son argument par l’enseignement que Jésus avait lui-même fait concernant le moment de son retour. Si Dieu l’a déjà fait deux fois dans le passé, nous sommes justifiés de croire qu’il le fera à nouveau dans le futur. C’est en continuité avec l’histoire du salut et non une idée nouvelle provenant de nulle part.

Différence entre notre point de vue et celui de Dieu

Oui! La perception du temps est différente (v.8). Il dit : bientôt! Mais la génération qui entendit cela meurt. Et l’autre aussi. Et l’autre aussi. Pierre nous dit que ce bientôt doit être compris dans la perspective de Dieu. Et cela peut paraître plus long « Car mille ans sont, à tes yeux, comme le jour d’hier quand il n’est plus et comme une veille de la nuit. » (Psaumes 90:4) Et pourquoi ce laps de temps est-il nécessaire avant l’accomplissement de sa promesse? Parce que Dieu montre par là sa patience et son désir que tous soient sauvés (v.9).

La conclusion de Pierre : « Le jour du Seigneur viendra comme un voleur. » (v.10)
Les applications de Pierre : Le monde tel que nous le connaissons va disparaître au jour du jugement donc concentrez-vous sur le développement de votre caractère chrétien (v.11). D’ici là, gardez une attitude d’attente et d’anticipation du retour du Seigneur et faites même ce qui est en votre pouvoir pour l’accélérer en propageant la bonne nouvelle (v.12 c.f. Matthieu 24:14). Grandissez dans votre compréhension de la parole de Dieu afin de ne pas se faire égarer par les idéologies provenant de ceux et celles qui ne craignent pas Dieu (v.17-18).

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