Hommes et femmes côte à côte

03/21/2011

Aujourd’hui, en écoutant un cours du professeur Robert Stein sur l’évangile de Luc, j’ai appris quelque chose de nouveau et intéressant. Dans son évangile, Luc démontre l’égalité entre les hommes et les femmes dans le ministère de Jésus. Il le communique implicitement par l’organisation d’histoires et d’enseignements de Jésus où un homme et une femme sont côte à côte :

Luc 1,5ss – Dieu visite Zacharie (un homme).
Luc 1,26ss – Dieu visite Marie (une femme).

Luc 2,21ss – Siméon (un homme) dans le temple bénit Jésus à sa consécration.
Luc 2,36ss – Anne (une femme) dans le temple bénit Jésus à sa consécration.

Luc 7,1ss – Jésus guérit un membre de la famille du centurion (un homme).
Luc 7,11ss – Jésus guérit un membre de la famille de la veuve (une femme).

Luc 8,40ss – C’est un récit en “sandwich”. Un homme nommé Jaïrus va vers Jésus pour obtenir la guérison de sa fille.
Luc 8,43ss – Mais Jésus est interrompu par une femme qui souffre d’une perte de sang continuelle et qui est aussi venu vers Jésus pour être guérie. Jésus guérit premièrement la femme et poursuit sa route et répond à la demande de l’homme.

Luc 13,18-19 – Jésus compare le Royaume à un grain qu’un homme sème
Luc 13,20-21 – Jésus compare le Royaume à du levain qu’une femme utilise

Luc 15,1ss – Jésus enseigne la parabole du bon berger (homme)
Luc 15,8ss – Jésus enseigne la parabole de la drachmes perdues (femme)

Selon Robert Stein, “Luc met les hommes et les femmes ensemble, côte à côte, pour honorer les deux. De cette façon, il est vraiment en faveur du support des femmes” qui faisaient partie, à son époque, d’une classe dont la dignité et la valeur étaient rabaissées tout comme les pauvres et les opprimés. Bref, cela démontre le désir de Dieu de traiter les gens de façon équitable indépendamment de leur genre, leur classe sociale, etc. Ce qui n’était pas le cas à leur époque… tout comme aujourd’hui bien que nous ayons fait des progrès considérables en Occident.

Michel Gourgues, dans son livre Ni homme, ni femme1Michel Gourgues, Ni homme ni femme. L’attitude du premier christianisme à l’égard de la femme. Évolution et régression, Cerf, 2013, p. 13-14, 17-25., argumente aussi en faveur d’un jumelage intentionnel de Luc d’une histoire où Jésus interagit avec un homme à une histoire avec une femme. Il pointe vers d’autres passages non mentionnés par Robert Stein :

Luc 1,46-55 – Chant de Marie
Luc 1,67-79 – Chant de Zacharie

Luc 4,24-25 – Guérison de la veuve
Luc 4,27 – Guérison d’un lépreux

Luc 8,2a – Présentation des douze apôtres
Luc 8,2b-3 – Présentation des femmes qui accompagnent et supportent Jésus

Il fait aussi des rapprochements linguistiques entre des passages qui ne sont pas nécessairement côte à côte. Par exemple, “il le remit à sa mère” (7,15) / “il le remit à son père” (9,42). Ou encore Jésus dit “tes péchés sont remis” à une femme en 7,48 et il dit la même chose à un homme en Luc 5,20 et 23. Enfin, dans le cadre d’enseignement sur la prière, Jésus utilise l’image d’un ami (masculin) dérangeant en 11,5-8 ce qui ressemble beaucoup à l’enseignement aussi sur la prière illustrant une femme qui harcèle le juge inique en 18,11-18. À noter que les rapprochements que Gourgues fait sont plus riches que ce que je démontre ici. D’autres liens permettant l’association entre un épisode avec un homme et un autre avec une femme sont mis en lumière (non côte à côte, mais ailleurs dans l’évangile).

Gourgues démontre de façon très persuasive l’intentionnalité de Luc concernant l’égalité homme-femme dans son évangile.

Références   [ + ]

1. Michel Gourgues, Ni homme ni femme. L’attitude du premier christianisme à l’égard de la femme. Évolution et régression, Cerf, 2013, p. 13-14, 17-25.

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