Personnalités et catégories

03/18/2012

Certaines personnes sont réticentes à l’utilisation de catégories lorsqu’elles sont appliquées à des individus ou des groupes d’individus. Elles ont l’impression que de catégoriser enlève l’aspect personnel, spécial, particulier aux gens. Cela ne rend pas justice à toute la complexité, la richesse et la profondeur de la personne à laquelle on applique la catégorie…

Bien que j’admet d’emblée le danger de tomber dans les stéréotypes avec les catégories, j’aimerais suggérer que si elles sont bien utilisées, les catégories nous aident, au contraire, à mieux comprendre les autres et à mieux interagir avec eux. Voici un extrait d’un livre de Peter Kreeft où il imagine un dialogue entre C.S. Lewis et John Kennedy et où l’un des personnages démontre la nécessité pour l’esprit humain de penser en catégories :

– Lewis : Il existe de toute évidence des catégories. La seule question est de savoir si elles sont appropriées, si elles correspondent à la réalité.
– Kennedy : Je n’aime pas les divisions entre les personnes. […] Enfermer les gens dans des catégories a provoqué des dégâts considérables à travers l’histoire de l’humanité.
– Lewis : Diviser réellement les gens, oui. Mais pas les diviser mentalement. Ainsi, la distinction entre les hommes et les femmes est bonne et nécessaire, il serait vraiment confondant de ne plus pouvoir la faire ou de ne plus vouloir, comme cela semble être le cas pour certains, de nos jours. Mais les diviser réellement, les isoler est généralement nuisible. En fait, pour les unir le plus fructueusement possible, il faut les diviser mentalement le plus clairement possible1Peter Kreeft. 1997. Un dialogue entre le ciel et l’enfer (1992). Marne-la-Vallée: Éditions Farel, p.55
J’aime la distinction entre catégoriser mentalement et physiquement. Par exemple, je m’attends à ce que mes amies et connaissances du genre féminin, en voyant mon anneau à la main gauche, me traite avec une certaine retenue dans leur façon d’interagir avec moi. Comme, par ce petit bijou, je tombe dans la catégorie “mariés”, l’intérêt qu’elles me communiqueront pour mes idées et ma personne sera modéré et bien dosé. Cette barrière mentale n’empêche par pour autant que nous puissions avoir de très bonnes conversations au travail ou à l’église par exemple. Cette barrière mentale ne sert donc pas à imposer une barrière physique absolue, mais plutôt une barrière physique relative, c’est-à-dire à dicter une ligne de conduite appropriée.

Il est important d’avoir une bonne compréhension des catégories pour en faire une bonne utilisation aussi. Ces derniers temps, je m’intéresse beaucoup au MBTI, qui est un indicateur de personnalité. Selon moi, de nombreux bénéfices personnels et interpersonnels découlent d’une bonne compréhension du MBTI. Cependant, comme on peut faire une mauvaise utilisation de toute bonne chose, il est important d’avoir une compréhension du but de la catégorisation afin d’éviter d’en faire une utilisation pervertie. Je termine avec cette citation qui résume bien le tout :

Les types de personnalité est un système de catégorisation de personnes basé sur les processus cognitifs qu’elles préfèrent utiliser. Le mot catégorie peut faire froncer les sourcils des gardiens du politiquement correct. Ils pensent que mettre des gens dans des catégories est simplement une autre façon de créer des stéréotypes. Cependant, c’est naturel pour nous les êtres humains de catégoriser les gens. En tant qu’êtres humains, nous désirons naturellement un système pour comprendre le monde qui nous entoure. Catégoriser les gens est un système que tout le monde utilise qu’on l’admette ou pas. L’important est d’éviter les guets-apens et le négativisme liés aux catégories, d’apprendre à apprécier les forces et les faiblesses de chaque catégorie et de changer les stéréotypes négatifs en véritable compréhension et respect2Brent Massey. Where In The World Do I Belong?, p.20.

Références   [ + ]

1. Peter Kreeft. 1997. Un dialogue entre le ciel et l’enfer (1992). Marne-la-Vallée: Éditions Farel, p.55
2. Brent Massey. Where In The World Do I Belong?, p.20

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