Repenser l’enfer : intuitions théologiques

02/08/2018

Le premier chapitre de l’épître aux Romains est l’un des plus importants passages bibliques traitants de théologie naturelle, c’est-à-dire de comment Dieu se fait connaître à tout être humain par l’entremise de la création et de la conscience morale. Or, en Rm 1,32 Paul affirme que tout être humain possède la conscience que la pratique du mal conduit non aux tourments éternels, mais à la mort :

Et, bien qu’ils connaissent le jugement de Dieu, déclarant dignes de mort ceux qui commettent de telles choses, non seulement ils les font, mais ils approuvent ceux qui les font.

Nous le savons au plus profond de nous !

Ce verset justifie les réactions émotives et les inconforts que la vaste majorité d’entre nous avons vis-à-vis la perspective « tourments éternels » ! Dieu ne nous a pas câblé avec la peur des tourments éternels ! Au contraire, il nous a câblé avec la peur de la mort (voir mon article sur cette question), et la question des tourments éternels nous apparait spontanément insensée et incompatible avec Dieu. C’est important de revisiter la question de l’enfer, car en faisant cela, nous réaliserons avec plus d’ampleur comment le message de la bonne nouvelle raisonne encore plus profondément avec notre humanité et notre désir de vivre, de vivre pour toujours ! Et c’est en faisant appel à notre désir positif de vie que le message de l’Évangile sera davantage accueilli1Une vie concrète qu’on comprend dès maintenant en partie, et non une vie abstraite et platonique. C’est un autre problème avec la vision classique : même la vie que Dieu nous offre devient déconnectée de notre expérience présente de la vie. La perspective biblique s’inscrit plutôt dans une continuité avec cette vie comme Jésus disait : “heureux les doux, car ils hériteront de la terre” (Mt 5,5). De même, la notion de résurrection parle d’une vie incarnée. Ces nouveaux corps seront spirituels dans le sens qu’ils seront tournés vers le bien et les valeurs de Dieu et ils seront immortels. Nous vivrons pour toujours sur la terre qui aura été purifiée du mal. Sur cette terre-ci. L’Église gagnerait beaucoup à enlever son filtre platonicien !.

Références   [ + ]

1. Une vie concrète qu’on comprend dès maintenant en partie, et non une vie abstraite et platonique. C’est un autre problème avec la vision classique : même la vie que Dieu nous offre devient déconnectée de notre expérience présente de la vie. La perspective biblique s’inscrit plutôt dans une continuité avec cette vie comme Jésus disait : “heureux les doux, car ils hériteront de la terre” (Mt 5,5). De même, la notion de résurrection parle d’une vie incarnée. Ces nouveaux corps seront spirituels dans le sens qu’ils seront tournés vers le bien et les valeurs de Dieu et ils seront immortels. Nous vivrons pour toujours sur la terre qui aura été purifiée du mal. Sur cette terre-ci. L’Église gagnerait beaucoup à enlever son filtre platonicien !

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