Prophéties concernant Jésus-Christ : Genèse 22

06/30/2016

Je vois plusieurs religions contraires et partant toutes fausses excepté une. Chacune veut être crue par sa propre autorité et menace les incrédules. Je ne les crois donc pas là-dessus. Chacun peut dire cela. Chacun peut se dire prophète. Mais je vois la chrétienne où je trouve des prophéties et c’est ce que chacun ne peut pas faire1Blaise Pascal, Léon Brunschvicg et Dominique Descotes. 1976. Pensées / Pascal ; texte établi par Léon Brunschvicg ; chronologie, introduction, notes, archives de l’oeuvre, index par Dominique Descotes. Paris: Garnier-Flammarion, p.255. – Blaise Pascal –

Selon Blaise Pascal, “la plus grande des preuves de Jésus-Christ est les prophéties2Philippe Sellier. 2009. Pascal : Textes choisis et présentés par Philippe Sellier. Lonrai: Éditions Points, p.182.” Selon lui, les prophéties représentent “un miracle subsistant3Philippe Sellier. 2009. Pascal : Textes choisis et présentés par Philippe Sellier. Lonrai: Éditions Points, p.182.”

Jésus est la seule personne de l’histoire de l’humanité dont la vie fut si emprunte de miraculeux :

  • avant même sa naissance, les prophéties annonçaient sa venue et son oeuvre,
  • pendant sa vie, il fit une tonne de miracles selon la mémoire sociale de son temps4Cela est affirmé non seulement par les évangiles et d’autres sources chrétiennes, mais aussi par une attestation ennemie dans le plus ancien Talmud Babylonien complet encore existant dans lequel les Juifs accusent Jésus de sorcellerie, c’est-à-dire de faire des miracles par l’entremise de force démoniaque (même accusation que les Évangiles relatent). Voir https://youtu.be/jF0egAzJ7bw..
  • après sa mort, il ressuscita et il apparut à une multitude de femmes et d’hommes.

Cette triade d’aspects miraculeux était le fondement à partir duquel les premiers chrétiens, témoins de ces choses, ont invité leurs contemporains à mettre leur foi en Jésus. C’est ce qu’on voit par exemple en Actes 2:22-25 :

22 Israélites, écoutez ces paroles ! Jésus de Nazareth, cet homme approuvé de Dieu devant vous par les miracles, les prodiges et les signes que Dieu a faits par lui au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes ; 23 cet homme, livré selon le dessein arrêté et selon la prescience de Dieu, vous l’avez fait mourir en le clouant (à la croix) par la main des impies. 24 Dieu l’a ressuscité, en le délivrant des liens de la mort, parce qu’il n’était pas possible qu’il soit retenu par elle. 25 Car David a dit de lui : (…).”

Or, si cette triade d’arguments fut les toutes premières raisons évoquées pour convaincre que Dieu venait d’agir d’une façon extraordinaire dans l’histoire de l’humanité par Jésus, alors elle devrait encore être considérée, analysée et testée aujourd’hui pour évaluer le bien-fondé du Christianisme.

Comme le souligne Chirpaz alors qu’il précise la pensée de Pascal, “les écrits de l’Ancien Testament ont annoncé non d’une manière directe, mais en figure, c’est-à-dire en faisant signe vers Celui qui allait venir et dont les textes du Nouveau Testament ont consigné les paroles prononcées5François Chirpaz. 2000. Pascal: la condition de l’homme. Paris: Editions Michalon, p.107.” Autrement dit, les prophéties sont surtout d’ordre symbolique et narratif6Et non d’ordre techno-scientifique. Il n’y a pas de prophéties détaillées du genre “Au temps d’un roi tueur de nouveau-nés, un enfant naitra à Bethléem d’une vierge du nom de Marie dont l’époux s’appellera Joseph le charpentier.” Ce genre de prédictions formées de détails journalistiques n’est pas un genre conforme aux prophéties bibliques et il serait anachronique d’imposer un tel standard sur les Écritures..

Dans cet article, je vais explorer l’une des plus importantes prophéties concernant le Messie : c’est l’histoire où Dieu demande à Abraham de sacrifier Isaac en Genèse 227En ce qui concerne la problématique morale que cet épisode pose, je dirais simplement que du point de vue du lecteur moderne, on comprendra bien en fin de compte, à la suite de cet article, le dessein bienveillant de Dieu derrière ce commandement à priori repoussant : c’était en vue de nous donner un exemple prophétique afin que nous reconnaissions que Jésus est réellement le Messie, le Sauveur de l’humanité. Du point de vue juif, certains ont affirmé que cette histoire avait comme but de démontrer que Yhwh n’agrée pas les sacrifices humains contrairement à d’autres dieux des nations environnantes comme Molok : “In the ancient Near East, the god that provides fertility is also entitled to demand a portion of what as been produced. This expressed in the sacrifice of animals, grain and children. Texts from Phoenician and Punic colonies, like Carthage in North Africa, describe the ritual of child sacrifice as a means of insuring continued fertility. The biblical prophets and the laws in Deutoronomy and Leviticus expressely forbid this practice, but that also implies that it continued to occur. In fact, the story of Abraham’s ‘sacrifice’ of Isaac suggests that Abraham was familiar with human sacrifice and was not surprised by Yahweh’s demand. However, the story also provides a model for the substitute of an animal for a human sacrifice that clearly draws a distinction between Israelite practice and that of other cultures.” (John H. Walton, Victor H. Matthews and Mark W. Chavalas. 2000. The IVP Bible Background Commentary: Old Testament. Downers Grove: InterVarsity Press, p.53.) C’est ce qu’on voit dans la loi de Moïse (Lv 18:21, 20:2-5) et d’autres passages bibliques (Jr 32.35; 2 R 23:10). En ce qui concerne l’historicité de cet évènement, je la présume sans chercher à la démontrer. Je dirais seulement que ce récit correspond au critère d’admission embarassante, car, comme nous venons de le voir, la loi mosaïque interdit les sacrifices humains. Il est donc peu probable que l’auteur de la Genèse ait inventé cette histoire de toute pièce, histoire dans laquelle le père de la foi, l’exemple par excellence, fait quelque chose allant à l’encontre de la loi mosaïque. À la limite, même si on niait la dimension historique de cet événement, le symbolisme prophétique pointant vers Jésus-Christ demeurerait valide.. D’après moi, c’est l’une des prophéties messianiques les plus puissantes de toute la Bible. Voici comment l’histoire d’Abraham offrant Isaac en sacrifice annonçait d’avance l’évènement le plus important de l’histoire de l’humanité : la mort et la résurrection du Fils de Dieu pour la restauration du monde entier8Pour la rédaction de cet article, je m’inspire en partie de l’interlude de l’album de music “Son of Man” de Hazakim. Le titre de l’interlude est “Only Beloved Interlude (feat. Sam Shamoun).”.

Dernière petite précision avant d’aller de l’avant : il importe peu de cibler la date exacte de la rédaction du livre de la Genèse (ni son auteur) pour rendre cet argument valide. Tout ce qui importe, c’est de dire que la Bible hébraïque était déjà complètement rédigée autour de l’an 270 av. J-C., car celle-ci fut alors traduite en grec ce qui donna lieu à la septante (LXX). Ce point est extrêmement solide historiquement. Les Évangiles quant à eux ont été rédigés environ 300 ans plus tard, c’est-à-dire autour des années 70 (pour les évangiles synoptiques et l’an 90-95 pour l’évangile de Jean). Donc dans ce qui suit, le point derrière l’argument est que seulement Dieu peut annoncer d’avance de tels évènements et les accomplir des siècles plus tard. Seul Dieu peut dire : “J’annonce dès le commencement ce qui vient par la suite et longtemps d’avance ce qui n’est pas encore accompli. Je dis : ‘Mon projet tiendra bon et j’exécuterai tout ce que je désire” (És 46:10).

Offrir son fils unique, son fils bien-aimé

En Genèse 22:1-2, pour mettre Abraham à l’épreuve, Dieu lui demande de prendre son fils, d’aller dans une région particulière et de le sacrifier sur une montagne particulière (remarque : cela demande de faire un voyage qui laisse du temps à Abraham pour réfléchir). Il est important de souligner que cette demande ne sort pas de nulle part. Abraham a une longue histoire avec Dieu. Cette relation avec Dieu dure depuis plus de 35 ans9En Ge 12:4, Abraham à 75 ans quand Dieu s’adresse à lui pour la première fois. En Ge 17:17, il a 100 ans quand Isaac nait et en Ge 22:5-6, Isaac est un “jeune homme” capable d’apporter du bois pour un holocauste. 35 ans est une estimation à partir de ces données.. Pendant ces années, Dieu lui a répété la même promesse à plusieurs reprises : il désirait lui donner une grande descendance et bénir le monde entier par l’entremise d’un fils qui proviendrait de sa femme Sara10Voir Genèse 12:1–8; 17:1–9.. De plus, il faut souligner que ce fils était lui-même un miracle, Dieu ayant rendu possible sa conception alors qu’Abraham avait 100 ans et Sara 99 ans et qui en plus avait été stérile toute sa vie11Une histoire qui, selon Ge 17:15-18, a même fait rire d’incrédulité Abraham lui-même quand Dieu lui partagea son plan.. Abraham avait aussi vu Dieu le sortir du pétrin à quelques reprises. Mais alors qu’Abraham se repose maintenant dans l’accomplissement de la promesse, Dieu vient le tester en lui demandant ce qu’il avait de plus précieux : Isaac.

Dieu utilise deux expressions pour désigner Isaac : c’est “le fils unique” d’Abraham et c’est son “fils bien-aimé”. Or, selon les Évangiles, à deux moments cruciaux dans la vie de Jésus, Dieu le Père parla du ciel pour dire de Jésus qu’il était son fils bien-aimé :

  • À son baptême : “Et une voix se fit entendre des cieux : ‘Tu es mon Fils bien-aimé, objet de mon affection’.” (Marc 1:11; c.f. Mt 3:17, Lc 3:22)
  • À la transfiguration : “Une nuée vint les couvrir et de la nuée sortit une voix : ‘Celui-ci est mon Fils bien-aimé: écoutez-le’ !” (Marc 9:7; c.f. Mt 17:5, Lc 9:35, 2 Pi 1:16-18)12Voir aussi la parabole des vignerons dans laquelle Jésus se présente comme le dernier envoyé, le Fils bien-aimé du propriétaire de la vigne en Mc 12:6 et Lc 20:13.

De plus, six fois Jésus est présenté comme le Fils unique de Dieu dans le Nouveau Testament (Jn 1:14, 18, 3:16, 18; 1 Jn 4:9; Hé 11:17-19). Jean 3:16, où l’on présente Dieu le Père comme ayant offert son Fils unique, fait écho à l’histoire d’Abraham qui offre Isaac en sacrifice : “Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle.”

Sur la montagne de Moriya

Le récit de la Genèse affirme que Dieu a donné une directive précise concernant le lieu où Abraham devait offrir Isaac en holocauste. Cela devait se faire “dans le pays de Moriya (…) sur l’une des montagnes que je t’indiquerai” (Ge 22:2). Or, selon 2 Chroniques 3:1, la montagne de Moriya est aussi l’endroit que Dieu indiqua au roi David afin que Salomon y construise le temple de l’Éternel : “Salomon commença à bâtir la maison de l’Éternel à Jérusalem, sur la montagne de Moriya, qui avait été indiquée à son père David, à l’endroit préparé par David sur l’aire d’Ornân, le Yebousien.” L’endroit que Dieu a indiqué à Abraham pour offrir Isaac en sacrifice est donc la même région, voire peut-être la même montagne qu’il a indiquée à David pour la construction de “sa maison”, le temple afin d’y faire des sacrifices d’animaux pour le pardon de leurs péchés13Car “sans effusion de sang il n’y a pas de pardon” (Hé 9:22; c.f. Lv 17:11).. Et comme 2 Ch 3:1 l’affirme, cet endroit se trouve à Jérusalem.

C’est aussi à Jérusalem, à l’extérieur de la ville, que Jésus fut crucifié : “Pilate renvoya Jésus à Hérode qui se trouvait aussi à Jérusalem en ces jours-là. (…) 33 Lorsqu’ils furent arrivés au lieu appelé le Crâne, ils le crucifièrent là…” (Luc 23:7, 33 7) Le lieu du Crâne14traduction du mot araméen “Golgotha” que l’on trouve dans les autres évangiles est probablement une colline en forme de crâne à l’extérieur de Jérusalem (voir aussi Jn 19:17-20, Hb 13:12).

Revenir à la vie le 3e jour

Entre le moment où Dieu demanda à Abraham d’aller dans le pays de Moriya pour offrir Isaac en holocauste et le moment où Abraham vit de loin la montagne où il devait sacrifier Isaac, il se passa trois jours. Pendant ces trois jours, on peut s’imaginer le désarroi du père de la foi : c’est comme si Isaac était déjà mort à ses yeux. Mais en même temps, on peut facilement s’imaginer que dans l’esprit d’Abraham, l’ordre de Dieu exigeant la mise à mort d’Isaac entrait en contradiction avec la promesse de Dieu selon laquelle il allait donner une descendance innombrable à Abraham par l’entremise d’Isaac. Trois jours de lutte intérieure après quoi Abraham parvient à la conclusion que Dieu accomplira sa promesse même si l’ordre de mettre à mort Isaac va à l’encontre de cela en apparence : “Le troisième jour, Abraham, levant les yeux, vit l’endroit de loin. Alors il dit à ses jeunes serviteurs : Vous, restez ici avec l’âne ; le jeune homme et moi nous irons là-haut pour adorer, puis nous reviendrons auprès de vous” (Genèse 22:4-5). La foi d’Abraham que Dieu accomplira la promesse même si pour l’instant il demande quelque chose qui semble rendre son accomplissement impossible, cette foi est perceptible dans le fait qu’il dit à ses serviteurs que lui et Isaac reviendront après avoir adoré Dieu sur la montagne.

L’auteur de l’épître aux Hébreux affirme qu’Abraham cru que Dieu allait ressusciter Isaac :

17 C’est par la foi qu’Abraham, mis à l’épreuve, a offert Isaac. C’est son fils unique qu’il offrait, lui qui avait reçu les promesses 18 et à qui il avait été dit : C’est par Isaac que tu auras une descendance qui porte ton nom. 19 Il comptait que Dieu est puissant, même pour faire ressusciter d’entre les morts. C’est pourquoi son fils lui fut rendu : il y a là un symbole (Hébreux 11:17-19).

Le contexte littéraire immédiat de ce passage dans l’épître aux Hébreux met l’accent sur la foi comme étant la vision des choses invisibles. Or, les deux mots grecs les plus utilisés en Hébreux 11 pour répéter l’idée que la foi est en quelque sorte une vision des choses à venir (βλέπω15Voir Hébreux 11:1, 3, 7; c.f. 10:25. et ὁραω16Voir Hébreux 11:5, 13, 23, 27. [deux verbes voulant dire “je vois”]) sont aussi présents en Genèse 22:417Considérant que ἀναβλέψας est un mot construit à partir de βλέπω.. La Septante met particulièrement l’accent sur la vision d’Abraham en Ge 22:4 :

  • τῇ ἡμέρᾳ τῇ τρίτῃ καὶ ἀναβλέψας Αβρααμ τοῖς ὀφθαλμοῖς εἶδεν τὸν τόπον μακρόθεν” (LXX).
  • Litt : “Et le troisième jour, Abraham regarda en haut par les yeux, il vit l’endroit de loin.”

Bref, l’acte de foi en la résurrection se fait le troisième jour. Autrement dit, on pourrait dire en quelque sorte qu’Isaac ressuscite le troisième jour dans la pensée d’Abraham.

Or, c’est aussi le troisième jour que Christ est ressuscité comme le dit le credo corinthien : “Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures ; il a été enseveli, il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures…” (1 Corinthiens 15:3-4)18D’autres passages néotestamentaires vont aussi dans ce sens comme Mt 16:21, 17:23, 20:19, 27:64; Lc 9:22, 18:33, 24:7, 21, 46; Ac 10:40..

Porter l’instrument de son exécution

En Genèse 22:6, on peut lire qu’Abraham “prit le bois pour l’holocauste, le chargea sur son fils Isaac et prit dans sa main le feu et le couteau.” De la même manière, Jésus a porté sur son dos l’objet de bois qui allait servir à son exécution : “Jésus, portant sa croix, arriva au lieu du crâne, qui se nomme en hébreu Golgotha” (Jean 19:17).

Dieu pourvoira… à l’agneau ou au bélier?

Le plus intéressant concernant cette prophétie messianique est l’ouverture prophétique qui caractérise le récit…

En Genèse 22:7, alors qu’ils marchent ensemble vers le sommet de la montagne, Isaac demanda à son père : “où est l’agneau pour l’holocauste ?” À cette question, Abraham répond : “Mon fils, Dieu va se pourvoir lui-même de l’agneau pour l’holocauste” (v. 8). Or, la suite du récit dit qu’au moment où Abraham, couteau à la main, s’apprêtait à aller jusqu’au bout, l’ange de l’Éternel apparut et lui dit “Stop! Tu as passé l’épreuve, tu n’as pas refusé de me donner même ton fils unique!” Après quoi Abraham regarda autour et vit un bélier prit dans un buisson. Finalement, il le prit et c’est le bélier qui fut sacrifié pour l’holocauste.

Nous avons un problème ici… Abraham avait dit “Dieu pourvoira à l’agneau” et non au bélier. Où est l’agneau qui est censé prendre la place d’Isaac19Et prendre la place de toute la descendance d’Abraham, c’est-à-dire ceux qui marchent par la foi comme lui. ?

En Genèse 22:14 se trouve le point culminant du récit : “Abraham donna à cet endroit le nom de Adonaï-Yireéh20Adonaï-Yireéh veut dire “le Seigneur pourvoit”.. C’est pourquoi l’on dit aujourd’hui : Sur la montagne de l’Éternel, il sera pourvu.” Il sera pourvu quoi exactement ? Selon Abraham, “Dieu va se pourvoir lui-même de l’agneau pour l’holocauste” (v. 8).

On arrive dans le Nouveau Testament et on trouve ce prophète nommé Jean-Baptiste, qui après 400 ans de silence divin, prétend parler au nom de Dieu. Que dit-il ? Voilà ce qu’il avait à dire selon l’Évangile de Jean (1:29-34) :

29 Le lendemain, il vit Jésus venir à lui et dit : Voici l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde. 30 C’est celui dont j’ai dit : Après moi vient un homme qui m’a précédé, car il était avant moi 31 et moi, je ne le connaissais pas, mais, afin qu’il soit manifesté à Israël, je suis venu baptiser d’eau. 32 Jean rendit ce témoignage : J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et demeurer sur lui 33 et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser d’eau m’a dit : Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, c’est lui qui baptise d’Esprit Saint. 34 Et moi, j’ai vu et j’ai rendu témoignage que c’est lui le Fils de Dieu.

Conclusion

Bref, contrairement à Abraham, Dieu le Père est allé jusqu’au bout en offrant son Fils unique, son Fils bien-aimé. Comme le dit Rm 8,32, il “n’a point épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous21Sur l’allusion typologique à Abraham et Isaac en Rm 8,32, voir Christophe Raimbault, “La lettre aux Romains. Une christologie relationnelle et en tension” dans Paul et son Seigneur. Trajectoires christologiques des épîtres pauliniennes. XXVIe congrès de l’Association catholique française pour l’étude de la Bible (Angers, 2016), Christophe Raimbault (dir.), Paris, Cerf, 2018, p. 219..” Jésus dit aussi qu’il donna sa vie volontairement, de lui-même (Jn 10:14-18, Ga 1:3-4). Jésus a porté sa croix comme Isaac a porté le bois pour son propre sacrifice. Jésus a été mis à mort à Jérusalem, tout près de la montagne de Moriya, comme Isaac. Jésus est revenu à la vie le troisième jour comme Isaac pour Abraham. Dieu le Père a finalement accomplit la prophétie d’Abraham en Jésus : “il a pourvut lui-même à l’Agneau.” Je ne peux que terminer cet article avec les mots de Jean-Baptiste : “Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde. (…) J’ai vu et j’ai rendu témoignage qu’il est le Fils de Dieu” (Jean 1:29, 34).

Prophétie Genèse 22 (Isaac et Jésus)

Prophétie Genèse 22 (Isaac et Jésus)

 

 

Références   [ + ]

1. Blaise Pascal, Léon Brunschvicg et Dominique Descotes. 1976. Pensées / Pascal ; texte établi par Léon Brunschvicg ; chronologie, introduction, notes, archives de l’oeuvre, index par Dominique Descotes. Paris: Garnier-Flammarion, p.255
2, 3. Philippe Sellier. 2009. Pascal : Textes choisis et présentés par Philippe Sellier. Lonrai: Éditions Points, p.182
4. Cela est affirmé non seulement par les évangiles et d’autres sources chrétiennes, mais aussi par une attestation ennemie dans le plus ancien Talmud Babylonien complet encore existant dans lequel les Juifs accusent Jésus de sorcellerie, c’est-à-dire de faire des miracles par l’entremise de force démoniaque (même accusation que les Évangiles relatent). Voir https://youtu.be/jF0egAzJ7bw.
5. François Chirpaz. 2000. Pascal: la condition de l’homme. Paris: Editions Michalon, p.107
6. Et non d’ordre techno-scientifique. Il n’y a pas de prophéties détaillées du genre “Au temps d’un roi tueur de nouveau-nés, un enfant naitra à Bethléem d’une vierge du nom de Marie dont l’époux s’appellera Joseph le charpentier.” Ce genre de prédictions formées de détails journalistiques n’est pas un genre conforme aux prophéties bibliques et il serait anachronique d’imposer un tel standard sur les Écritures.
7. En ce qui concerne la problématique morale que cet épisode pose, je dirais simplement que du point de vue du lecteur moderne, on comprendra bien en fin de compte, à la suite de cet article, le dessein bienveillant de Dieu derrière ce commandement à priori repoussant : c’était en vue de nous donner un exemple prophétique afin que nous reconnaissions que Jésus est réellement le Messie, le Sauveur de l’humanité. Du point de vue juif, certains ont affirmé que cette histoire avait comme but de démontrer que Yhwh n’agrée pas les sacrifices humains contrairement à d’autres dieux des nations environnantes comme Molok : “In the ancient Near East, the god that provides fertility is also entitled to demand a portion of what as been produced. This expressed in the sacrifice of animals, grain and children. Texts from Phoenician and Punic colonies, like Carthage in North Africa, describe the ritual of child sacrifice as a means of insuring continued fertility. The biblical prophets and the laws in Deutoronomy and Leviticus expressely forbid this practice, but that also implies that it continued to occur. In fact, the story of Abraham’s ‘sacrifice’ of Isaac suggests that Abraham was familiar with human sacrifice and was not surprised by Yahweh’s demand. However, the story also provides a model for the substitute of an animal for a human sacrifice that clearly draws a distinction between Israelite practice and that of other cultures.” (John H. Walton, Victor H. Matthews and Mark W. Chavalas. 2000. The IVP Bible Background Commentary: Old Testament. Downers Grove: InterVarsity Press, p.53.) C’est ce qu’on voit dans la loi de Moïse (Lv 18:21, 20:2-5) et d’autres passages bibliques (Jr 32.35; 2 R 23:10). En ce qui concerne l’historicité de cet évènement, je la présume sans chercher à la démontrer. Je dirais seulement que ce récit correspond au critère d’admission embarassante, car, comme nous venons de le voir, la loi mosaïque interdit les sacrifices humains. Il est donc peu probable que l’auteur de la Genèse ait inventé cette histoire de toute pièce, histoire dans laquelle le père de la foi, l’exemple par excellence, fait quelque chose allant à l’encontre de la loi mosaïque. À la limite, même si on niait la dimension historique de cet événement, le symbolisme prophétique pointant vers Jésus-Christ demeurerait valide.
8. Pour la rédaction de cet article, je m’inspire en partie de l’interlude de l’album de music “Son of Man” de Hazakim. Le titre de l’interlude est “Only Beloved Interlude (feat. Sam Shamoun).”
9. En Ge 12:4, Abraham à 75 ans quand Dieu s’adresse à lui pour la première fois. En Ge 17:17, il a 100 ans quand Isaac nait et en Ge 22:5-6, Isaac est un “jeune homme” capable d’apporter du bois pour un holocauste. 35 ans est une estimation à partir de ces données.
10. Voir Genèse 12:1–8; 17:1–9.
11. Une histoire qui, selon Ge 17:15-18, a même fait rire d’incrédulité Abraham lui-même quand Dieu lui partagea son plan.
12. Voir aussi la parabole des vignerons dans laquelle Jésus se présente comme le dernier envoyé, le Fils bien-aimé du propriétaire de la vigne en Mc 12:6 et Lc 20:13.
13. Car “sans effusion de sang il n’y a pas de pardon” (Hé 9:22; c.f. Lv 17:11).
14. traduction du mot araméen “Golgotha” que l’on trouve dans les autres évangiles
15. Voir Hébreux 11:1, 3, 7; c.f. 10:25.
16. Voir Hébreux 11:5, 13, 23, 27.
17. Considérant que ἀναβλέψας est un mot construit à partir de βλέπω.
18. D’autres passages néotestamentaires vont aussi dans ce sens comme Mt 16:21, 17:23, 20:19, 27:64; Lc 9:22, 18:33, 24:7, 21, 46; Ac 10:40.
19. Et prendre la place de toute la descendance d’Abraham, c’est-à-dire ceux qui marchent par la foi comme lui.
20. Adonaï-Yireéh veut dire “le Seigneur pourvoit”.
21. Sur l’allusion typologique à Abraham et Isaac en Rm 8,32, voir Christophe Raimbault, “La lettre aux Romains. Une christologie relationnelle et en tension” dans Paul et son Seigneur. Trajectoires christologiques des épîtres pauliniennes. XXVIe congrès de l’Association catholique française pour l’étude de la Bible (Angers, 2016), Christophe Raimbault (dir.), Paris, Cerf, 2018, p. 219.

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